Après le bassin de la Dordogne, je pars un peu plus au sud vers les vallées du Lot et du Célé pour quelques jours. En 2023, la chaleur a été exceptionnelle pour fin septembre, début octobre, avec un pic à plus de 30 degrés, c’est donc des visites tranquilles pour éviter la chaleur. Arrivée la veille près de Saint-Cirq-Lapopie, c’est par ici que mon périple commence.
Trezième journée : Saint-Cirq-Lapopie (16,2km)
En matinée et début d’après-midi, déambulation dans le village de Saint-Cirq-Lapopie, classé parmi les Plus Beaux Villages de France. J’ai commencé ma journée tranquillement avec un bon petit déjeuner à l’hôtel puis en allant au point de vue du Bancourel, juste à côté du parking P5, sur les hauteurs du village, une vue splendide avant de me rendre au cœur du village afin de le visiter. Perché à 100m au-dessus de la rive gauche du Lot, Saint-Cirq-Lapopie était une place forte du Moyen Âge, quelque peu tombé dans l’oubli le village renait à la faveur d’artistes qui sont venus s’y établir lors du XXe siècle, parmi eux le poète surréaliste André Breton ou encore le photographe Man Ray.
Petites ruelles, échoppes médiévales, bâtisse en pierre, petites places sont les nombreux atouts de Saint-Cirq-Lapopie. Au cœur du village, on trouve aussi un lieu incontournable, le rocher de Lapopie, c’est ici que se trouvait l’ancien château, d’ailleurs on y trouve encore quelques ruines, il surplombe le cœur du village. Le midi, je déjeune à l’auberge du Sombral, une bonne adresse au cœur du village.







Dans l’après-midi, balade sur le chemin de halage entre Bouziès et St-Cirq-Lapopie, une agréable balade à l’ombre des falaises, il faut compter 2-3h pour faire l’aller-retour. J’aurais aimé faire le retour en gabare, bateau à fond plat, mais il était trop tard dans l’après-midi, j’ai vu le dernier de la journée passer sur le Lot, alors que je n’étais qu’à la moitié du chemin aller.
Le chemin de halage est assez impressionnant, une partie a été creusée directement dans la falaise en 1845 afin de pouvoir tirer les gabares depuis la rive avec des animaux de trait.
Petite anecdote: Alors que je cherchais des infos sur les gabares, j’ai croisé deux orthographes pour le mot gabare, j’ai crus à une faute, j’ai alors vérifié et le mot gabare peut s’écrire de deux façons avec un ou deux « r », au moins pas d’erreur possible!!!




Un peu avant d’arriver à Saint-Cirq-Lapopie, on peut admirer le bas-relief sculpté dans la falaise par Daniel Monnier en 1985. Je retourne en fin d’après-midi à l’hôtel afin d’encore profiter de l’hôtel.
Quatorzième journée : de Saint-Cirq-Lapopie à Figeac (69,4km)
J’ai commencé ma journée assez tôt en allant observer le lever du soleil depuis le point de vue du Bancourel. Je suis ensuite retournée à l’hôtel pour prendre mon petit déjeuner avant de reprendre la route.




Départ vers Figeac avec matinée dans la vallée du Célé, début de route un peu compliqué, ce jour-là, c’est la version XXL du triathlon de Saint-Cirq-Lapopie et la circulation n’étant pas coupée, en même temps heureusement, je n’aurais pas pu emprunter cette route si ça avait le cas, mais il faut donc composer avec les différents groupes de cyclistes. Le premier arrêt sur la route est à Marcilhac-sur-Célé, un très beau village construit autour des vestiges d’une ancienne cité abbatiale, qui vaut le détour. L’abbaye fut à son apogée du XIIe au XIVe siècle. C’est également une halte parfaite pour se rafraichir en plein été avec de nombreuses possibilités d’activités nautiques.







En fin de matinée je rejoins Espagnac-Sainte-Eulalie, deuxième et dernier arrêt pour moi avant d’arriver à Figeac, le village est connu pour son prieuré Notre-Dame-du-Val-Paradis fondé en 1145 et couronné d’un magnifique clocher, un arrêt assez court, il n’y avait pas de visite possible ce jour-là. Il y a d’autres arrêts sympas dans la vallée que je n’ai pas fait, par exemple la Grotte du Pech-Merle, un site pariétal datant de la préhistoire, mais les chiens ne sont malheureusement pas acceptés et il faisait bien trop chaud pour pouvoir laisser Tanza dans le van.




J’arrive à Figeac en début d’après-midi et je commence ma déambulation dans la ville après un rapide déjeuner en terrasse. Cette superbe ville médiévale se visite aisément à pied et en passant à l’office du Tourisme, j’ai pu récupérer le plan pour suivre le circuit des clefs qui permet de voir les monuments et les plus somptueuses demeures du cœur historique de Figeac. Une très belle après-midi, à déambuler dans la belle Figeac, dans ses ruelles pavées bordées de maisons à colombages et de demeures en pierre dorée. Il ne faut pas louper :
- Le bel hôtel Mercure le Viguier du Roy, l’ancienne demeure du Viguier, l’émissaire du roi à Figeac, transformée en hôtel, mais dans laquelle on peut visiter le cloître et les jardins.
- La vue depuis l’église Notre-Dame-du-Puy, sur les hauteurs de la ville.
- Et enfin, le musée Champollion qui se trouve dans la maison natale du célèbre égyptologue. Je n’ai malheureusement pas pu le visiter, encore une fois, les chiens ne sont pas admis.
- Et enfin, beau coup de cœur pour la place des écritures, entourée de bâtiments du XIIIe siècle, on trouve au sol une reproduction de la pierre de Rosette sculptée dans du granit noir.











Quinzième journée : de Figeac à Cahors (182,5km)
Route vers Cahors, mais avant ça, détour dans l’Aveyron afin de visiter le village de Conques. Étape majeure sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, le village de Conques est construit à flanc de montagne avec pour point central l’abbatiale de Sainte-Foy, un chef-d’œuvre d’art roman. Les maisons sont construites en palier avec deux entrées, une supérieure au niveau de la rue et une inférieure au niveau des caves, d’ailleurs un dicton local reflète bien cette architecture « à Conques, on entre au grenier pour ressortir par la cave ».
Il me faut une petite heure pour rejoindre le village depuis Figeac, je peux donc profiter de la fin de la matinée pour déambuler dans les rues du village. Je déjeune sur place et en début d’après-midi, j’admire depuis l’extérieur l’abbatiale, encore une fois je ne peux pas rentrer avec Tanza, mais ce n’est pas grave, je peux quand même profiter du magnifique tympan représentant le jugement dernier selon l’évangile de Saint Matthieu.






Je récupère le van en début d’après-midi, direction un très beau point de vue, le Bancarel et mon incursion dans l’Aveyron s’arrête ici, je reprends la route vers le Lot et j’arrive vers 17h à Cahors, il fait très chaud et je profite donc de la piscine pour me rafraichir, moi qui voyage fin septembre, début octobre pour profiter des températures plus douces, c’est raté pour cette année!!! Mais c’est exceptionnel, le chauffage de la piscine avait été arrêté la semaine précédente, l’eau est donc quelque peu fraiche, mais ça fait du bien.


Seizième journée : Cahors (31,7km)
La journée démarre tranquillement et ce n’est qu’en fin de matinée que je me dirige vers le centre historique de Cahors. Cahors, ville de 20 000 hab est une ancienne cité gallo-romaine qui a connu son apogée lors du Moyen Âge, ancienne capitale du Quercy, elle est maintenant préfecture du Lot, et labellisée « Ville d’Art et d’Histoire ». C’est bien calme, nous sommes un lundi début octobre et de nombreux commerces sont fermés, la ville est donc bien calme. La ville de Cahors est nichée sur une presqu’île au cœur d’un méandre du Lot. Comme d’habitude, je découvre la ville en flânant un peu au hasard, j’y découvre de nombreuses demeures médiévales, des portes baroques, des petites ruelles, des maisons à colombages…
Je déjeune à La Petite Auberge, une bonne adresse, proche d’une curiosité de Cahors, l’horloge à billes offertes à la ville de Cahors en 1997 par l’artiste sculpteur Michel Zachariou.
Je découvre ensuite la cathédrale Saint-Étienne, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO sous le titre des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France. Une cathédrale édifiée au XIIe siècle, elle est assez atypique avec ses 2 coupoles noires faites d’ardoises, cela fait penser aux édifices de styles byzantins.







Je continue à déambuler dans les rues pour finalement rejoindre en milieu d’après-midi l’étonnant pont Valentré, un spectaculaire pont fortifié construit lors du XIVe siècle. Il est lui aussi classé au patrimoine mondial de l’UNESCO sous le titre des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France (comme 71 autres monuments en France). C’est l’un des monuments emblématiques de Cahors avec ses 3 tours fortifiées, d’ailleurs c’est le seul pont de ce style qui a conservé ses trois tours, c’est un ouvrage défensif qui a été construit afin de parer les attaques. C’est un chef-d’œuvre de l’architecture militaire médiévale.



Selon la légende, alors qu’au début de la construction tout va bien, mais à un moment la construction traîne en longueur, des épidémies de peste se succèdent et de fortes crues ralentissent fortement la construction du pont, las de ces retards, l’architecte décide de pactiser avec le diable, le diable devra mettre tout en œuvre pour finir le pont en échange de son âme. La construction avance de nouveau bien, mais juste avant la fin pour ne pas vendre son âme décide de jouer un tour au diable, il lui demande de ramener de l’eau avec l’aide d’un tamis, bien sûr le diable ne peut s’acquitter de la tâche et le marché devient caduc. Par vengeance, Satan vient chaque nuit arracher la dernière pierre de l’ouvrage.
En 1879, lors de la restauration du pont, la légende, est immortalisé par l’architecte Paul Gout avec une pierre sculptée représentant le diable tentant d’arracher la pierre du pont, mais n’y parvenant pas.
Je traverse le pont pour pouvoir l’admirer de plus près et pour pouvoir profiter de l’ombre de l’autre côté, et je vais voir la Fontaine des Chartreux, un ancien lieu de culte gaulois, elle accueille au Moyen Âge un moulin puis assure depuis le 19e siècle le ravitaillement de Cahors en eau potable.


Je retourne ensuite vers ma voiture sur la rive gauche, ce n’était pas forcément une bonne idée, il n’y a pas de trottoir et les bas-côtés sont étroits. La journée se termine, il ne me reste qu’un dernier arrêt sur le mont Saint-Cyr, pour une superbe vue sur Cahors et sur le Lot, il faut prendre quelques routes de campagnes pour rejoindre le point de vue du mont Saint-Cyr.


Dix-septième journée : de Cahors à Salles (157,5km)
J’avais prévu d’aller ensuite dans le Lot-et-Garonne, je pars donc vers l’ouest, mais finalement à la fin de la journée, j’ai décidé de revenir dans le Périgord, ce que je ferai le lendemain.
Je décide de continuer à suivre le Lot et mon premier arrêt est pour le village épiscopal d’Albas, accroché à la falaise surplombant le Lot, depuis un point de vue sur la route juste avant le village et depuis la mairie, on y trouve de magnifique vue sur le Lot.






Je m’arrête ensuite à Castelfranc, une bastide du XIIIe siècle, baignée par le Lot et son affluent, le Vert, sa place centrale est dominée par son église fortifiée du XIVe siècle, classée Monument historique. Son « Jardin des Sens », d’inspiration médiévale, est un lieu paradisiaque pour flâner, quand il ne pleut pas, pas comme ce jour-là. Je déjeune également ici.




En début d’après-midi, direction Belaye, un hameau avec un belvédère incroyable sur la vallée du Lot, puis Puy-l’Évêque, il paraît que le village est très intéressant, pour ma part je ne fais qu’un arrêt à son pont où la vue sur le village est magique.





En milieu d’après-midi je fais un rapide arrêt à Montcabrier, encore une bastide à angle droit, c’est bien calme, il n’y a personne, mais le village est beau et si l’on passe dans le coin, pourquoi ne pas s’y arrêter. Finalement, mon dernier arrêt est pour le Château de Bonaguil, je ne peux malheureusement pas le visiter, cette fois pas de problème pour le chien, ils sont admis, mais j’y arrive moins de 30 minutes avant la fermeture, il est trop tard. J’ai pensé à dormir là, mais j’ai envie d’une douche, ce sera donc dans un camping sur la route vers Bergerac.




C’est fini, pour les vallées du Lot et du Célé, je repars vers le bassin de la Dordogne pour quelques jours, à suivre dans le prochain article.
Pour plus de photos, c’est ici.
Quelques bonnes adresses pour se restaurer:
- L’Auberge du sombral à Saint-Cirq-Lapopie
- La Petite Auberge à Cahors

