Ushuaia, la ville la plus australe du monde, j’ai bien dit ville, car il existe un village au Chili qui est plus au sud : Puerto Williams et il y a encore plus au sud des familles éparpillées sur l’ile Navarino.

Coupée du continent par le détroit de Magellan, la Terre de Feu, fait rêver : « le bout du monde », ses paysages battus par les vents, sa proximité avec l’Antarctique, le Cap Horn, tout ça contribuent à nous faire rêver. Et bien, j’y ai posé mes valises pour 5 jours !!!

Nichée entre le canal Beagle et les Andes, Ushuaia est la seule ville argentine qui se trouve de l’autre côté des Andes. En effet, les Andes ont une orientation nord-sud ce qui marque la frontière avec le Chili sauf en Terre de Feu où leurs orientations changent pour aller ouest-est : une histoire de plaque tectonique…

Je consacre ma première journée à visiter la ville, son artère principale, le port… je prends également de la hauteur pour découvrir cette ville à flanc de montagne. C’est l’occasion aussi de programmer mes activités pour les prochains jours. Au programme, un tour en bateau sur le canal Beagle, de la rando au parc Tierra Del Fuego et un tour en 4×4 jusqu’au lac Fagnano.

Exploration du Canal Beagle

Prévue initialement le dimanche, l’excursion est reportée au lundi pour cause de pluie et de vent. C’est vrai que c’est le déluge le dimanche, mais on est en Terre de Feu, il faut faire avec le temps qui peut être très variable. Finalement, ce n’est pas plus mal, car je suis malade comme un chien le dimanche et je vais passer une bonne partie de la journée au lit. Et oui, après 5 ans au Québec et ses hivers secs, je ne supporte plus l’humidité.

J’ai choisi Tres Marias, pour plusieurs raisons, d’abord j’ai vu pas mal de recommandations pour cette entreprise sur internet que ça soit des blogs ou des guides, elle plutôt bien noté, ensuite c’est sur un voilier avec un nombre limité de personnes (nous étions 9 touristes), enfin c’est le seul bateau qui s’arrête sur l’ile H pour un mini trekking.

La croisière commence par le phare des Éclaireurs, comme on est face au vent, on y va au moteur, c’est moins sympa qu’à la voile, mais bon, on n’a pas le choix. Sur cette ile on peut voir pas mal de cormorans. Ensuite, direction l’ile des otaries, elles se dorent au soleil et nous avons le droit égalent à une belle odeur. Enfin, nous mettons le cap sur l’ile H. Son nom lui vient du fait que ce soit 2 iles qui à marée basse se rejoignent pour n’en former plus qu’une. Ici, nous sommes au point le plus au sud de l’Argentine continentale, nous sommes très proches de la frontière avec le Chili.

Pour nous y rendre, nous tentons la voile, mais malheureusement, il n’y a pas assez de vent (ce qui est exceptionnel dans la région) et nous devons remettre en route le moteur. Nous débarquons sur l’ile pour un mini trekking d’environ 30 minutes ponctuées par de l’information sur les premiers habitants de la région.

Sur le bateau, le service est 4 étoiles, on a le droit a du thé, du café et je goute pour la première fois au alfajor, un gâteau (biscuit) au dulce de leche, une spécialité de l’Argentine, c’est trop bon.

Parque Tierra Del Fuego

Mardi, j’ai prévu une excursion au Parque Tierra Del Fuego. J’ai de la chance, il fait un temps magnifique aujourd’hui. Je fais l’excursion avec Canal Fun, ils viennent me chercher à l’auberge. Pendant les 12km qui nous séparent de l’entrée du parc, nous avons le temps de faire connaissance avec les autres participants, beaucoup d’Espagnols, et une Bulgare et un Autrichien. À l’entrée du parc, il faut payer le droit d’entrée (140 pesos), puis nous roulons encore environ 3km avant de rejoindre le départ du sentier côtier. C’est une balade de 3h-3h30 qui nous attend, ponctuée de quelques arrêts pour avoir des explications sur la région, sur la faune et sur la flore. La randonnée n’est pas spécialement difficile , c’est dans l’ensemble plat à part une petite montée à la fin.

Nous rejoignons l’aire de camping où nous attend un succulent repas, je crois que c’est le meilleur repas que j’ai mangé depuis mon départ : une escalope de poulet avec du fromage et du jambon, un feuilleté de pomme de terre, des légumes avec une sauce à la moutarde, un régal pour les papilles.

L’après-midi, c’est canoë, nous nous équipons, bottes, pantalon étanche et gilet de sauvetage et nous nous dirigeons vers le Lago Roca, où démarrera notre expédition. Nous serons 5 par canoë, je suis désigné capitaine du mien, ce qui n’est pas forcément une bonne idée, tout du moins pendant les 5 premières minutes, le temps que je comprenne comment ça fonctionne et qu’on se synchronise. Nous naviguons pendant 1h30 afin de rejoindre Bahia Lapataïa et surtout la fin de la Ruta no.3 qui est en faite la panaméricaine. Ici, nous sommes à plus de 17 000 km de son début à Fairbanks en Alaska.

Lac Fagnano & Glaciar Martial

Mercredi, dernier jour à Ushuaia, je fais une excursion vers le lac Escondido et le lac Fagnano avec Tierra. Par contre, il ne fait vraiment pas beau, il n’arrête pas de pleuvoir. Heureusement, une partie de l’excursion est du 4×4. Nous sommes deux 4×4, un conduit par Walter et l’autre par Juan-P et 9 participants, que des hispanophones. Nous prenons la route vers le nord, nous devons franchir les Andes, ce que nous faisons au col Garibaldi. Malheureusement, à cause du temps nous ne voyons pas grand choraux mirador. Nous devons également annuler l’activité canoë, il fait trop froid et il y a trop de vent.

Finalement, nous prenons la direction du lac Fagnano, pour une séance de tout terrain sur les chemins de la Terre de Feu. Avant de reprendre la direction du nord du lac Escondido pour manger un BBQ, un superbe morceau de viande.

Nous repartons tranquillement l’après-midi, il fait meilleur, nous aurons même l’occasion de prendre quelques photos au mirador du col Garibaldi. Par contre, nous aurons le droit à de la neige juste après et un grand soleil en arrivant à Ushuaia : je pense qu’on a eu le droit aux 4 saisons en 1h de temps…

Arrivé à l’auberge, je n’ai même pas le temps de poser que Luis, un Vénézuélien habitant Buenos Aires m’embarque pour aller au Glaciar Martial. Il est impatient d’y aller, car il a neigé et c’est la première fois qu’il voit la neige. Pour moi c’est l’occasion, pour une fois que c’est dégagé d’avoir une belle vue sur la baie d’Ushuaia et le canal Beagle.

Une expérience de 35h de bus

Départ très matinal, 5h du mat, pour un voyage de 35h à destination de Bariloche. Première étape, traverser la Terre de Feu et le détroit de Magellan jusqu’à Rio Gallegos (12h). Pour cela, nous devons nous rendre au Chili, je vais donc avoir le droit à 4 tampons de plus sur mon passeport, juste pour aujourd’hui.

J’arrive à Rio Gallegos vers 17h, il me faut attendre jusqu’à 20h40 pour le bus suivant, donc j’ai le temps de recharger tablette et téléphone pour la suite du voyage. Cette fois c’est un bus-lit, les sièges s’inclinent presque entièrement et on a plus de place, au lieu de 2×2 sièges, il y a 2 sièges, le couloir et un siège. Je suis au premier rang en haut, ce qui est sympa pour la vue.

Je me réveil à 7h, ce qui est bien pour une nuit dans un bus. Par contre, il fait un peu froid et il n’y a pas de couverture comme dans les avions. De plus, le service est pas terrible, c’est un peu long, nous n’aurons pas le petit dej avant 10h30 et par contre le lunch arrivera à 12h et en plus ce n’est pas vraiment bon, je ne me plaindrai plus jamais de la nourriture en avion.

La journée est un peu longue, nous avons le droit à des films américains en espagnol, The Dark Knight en espagnol, c’est assez marrant. Je passe la journée en regardant des épisodes de séries et à jouer (je finis le 2048) et en lisant. J’avais prévu d’écrire le prochain article, mais je n’ai pas eu le courage.

Nous arrivons à Bariloche à 19h40, pile à l’heure. Finalement, ce n’est pas si pire et le trajet est plutôt passé vite.