Java, ce sont des temples et des chefs-d’œuvre d’architecture religieuse, comme le temple de Borobudur ou Prambanan pour ne citer qu’eux, mais Java, c’est aussi le paradis des volcanologues avec le Merapi l’un des plus actifs du monde ou encore le Krakatoa (entre Java et Sumatra) le plus meurtrier. Mais c’est aussi le Bromo et l’Ijen, deux volcans actifs au milieu de paysage somptueux.

Ce lundi matin, en fait pas sur qu’on puisse dire ce matin : départ à minuit pour 3h de route qui vont me conduire à Cemara Lawang, là on change de véhicule pour grimper dans une jeep. Encore une demi-heure et nous arrivons au mont Pananjakan. Il y a du monde, de nombreuses jeeps, il faudra terminer à pied, environ 15 minutes. Une petite pause thé/café pour se réchauffer puis nous parcourons les derniers mètres qui nous amène au point de vue sur la caldeira. Il y a du monde, il faut jouer des coudes pour se trouver un bon point d’observation. Heureusement, je suis avec un couple de Hollandais qui sait le faire.

Et là, la symphonie des couleurs commence, on dirait une peinture. J’avais déjà vu des photos et je les croyais retouchés, mais non j’ai fait les mêmes.

Petit à petit, le paysage se dévoile à nos yeux, au loin on voit de la lave qui brille dans le noir, les contours de la caldeira, une couleur rose-orangé, puis le Bromo, le Kursi et le Botok émerge de l’ancienne caldeira du Tengger, un peu plus au sud le Semeru, plus haut sommet de Java semble en être le gardien.

À 6h, après plus d’une heure sur place, nous repartons, on retrouve nos jeeps pour redescendre, nous traversons le Laotian Pasir (mer de sable) puis les jeeps se garent, il faudra continuer à pied. Nous longeons un temple hindou, quelques habitants nous proposent de faire la montée à cheval, mais ils ne sont pas insistants quand on leur dit non. Puis nous commençons à monter, ce n’est pas particulièrement difficile, c’est juste que c’est du sable volcanique donc ça glisse, à la fin une série de marche permet d’atteindre le sommet.

En haut, on peut admirer les entrailles du volcan, on nous propose des fleurs qu’il faut jeter en offrande au volcan pour l’apaiser. Le Bromo est un volcan sacré, il y a de nombreux mythes et légendes à son propos ainsi la caldeira du Tengger aurait été creusée avec la moitié d’une noix de coco par un ogre amoureux d’une princesse ou encore que la reine Roro Anteng et le roi Joko Seger fuyant l’avancée islamique au XVIe siècle s’installèrent dans les terres riches de la région. N’ayant pas d’enfants, ils implorent l’aide du dieu du volcan, celui-ci s’exécuta et leur donna 25 enfants, mais il exigea en retour le sacrifice du dernier-né. Au moment d’honorer cette promesse, ils refusèrent et une série de calamité s’abattit sur la région. Finalement, le dernier-né se sacrifia pour sauver le royaume.

Après cette petite marche, nous retournons à Cemara Lawang pour le petit déjeuner, nous prenons ensuite la route pour l’est et Bondowoso, il nous faut 4h pour y arriver. En chemin, nous faisons un arrêt à Pasir Putif, une plage le long de la mer de Java, l’occasion de déjeuner et de manger. D’ailleurs, l’eau est très bonne, je ne suis pas sûr de m’être baigné dans une eau de mer aussi chaude.

Finalement, nous arrivons à Bondowoso vers 16h, il faut se reposer, la nuit va encore une fois être courte. Malheureusement, je n’arrive pas à dormir alors que je suis crevée, va savoir pourquoi ?

Après cette courte nuit, environ une heure, nous partons encore une fois à minuit. Cette fois direction le volcan Ijen. Tout d’abord, il faut faire 2h de route pour rejoindre Pos Paltuding. À 2h, nous commençons à monter, il y a environ 1h30 de marche pour arriver sur les bords de la caldeira, 500m de dénivelé sur un peu plus de 3km, ça monte raide. Pour ma part, je vais mettre un peu plus de 2h surtout handicapé par une crampe à mi-chemin surement dû à la fatigue.

Finalement, j’arrive sur les bords du cratère, je fais ensuite la descente dans le cratère, encore 50  100m de dénivelé à la remontée. La descente est plus compliquée, c’est glissant et fait uniquement à la lumière de la lampe frontale. Nous ne restons pas longtemps au fond, l’air est difficilement respirable, mais le spectacle vaut le coup avec plusieurs foyers de flammes bleues que le volcan a formé. C’est magique, ces feux follets qui dansent dans la nuit.

Nous remontons en haut du cratère, j’ai décidé de profiter du spectacle depuis ce point, on peut encore monter un peu pour voir le lever du soleil, pour ma part, j’ai ma dose. J’ai attendu un peu qu’il fasse clair pour observer le superbe lac turquoise qui se trouve dans le cratère. C’est ici que travaillent les ramasseurs de soufre, un travail éreintant et dangereux. Les ramasseurs récoltent le souffre refroidi, donc solide. Concassé en bloc, le souffre est placé dans des paniers pesants environs 70 kilos et les ramasseurs prennent le chemin du retour portant ces lourdes charges sur leurs épaules. Ils font 2 à 3 fois le chemin par jour pour un salaire dérisoire, mais tout de même plus important que pour le reste de l’Indonésie. Le soufre sera utilisé dans l’industrie cosmétique, pharmaceutique ou encore dans l’Agriculture.

Finalement, alors que le soleil commence à pointer le bout de son nez, j’entame la descente un peu glissante, mais tellement merveilleuse avec cette couleur rose de lever de soleil qui illumine le paysage. Je rejoins le parking la première, j’ai le temps de me changer avant que les autres arrivent et que l’on prenne le petit déjeuner.

Nous reprenons la route pour rejoindre Ketapang, lieu d’où partent les ferrys pour Bali. En chemin, nous faisons un arrêt rapide dans une plantation de café. Nous arrivons quelques minutes avant 10h à l’embarcadère, juste à temps pour attraper le ferry. Il nous faut 1h pour traverser, ce qui est un peu long étant donné la si courte distance, mais il faut patienter avant de pouvoir amarrer. À cela, il faut ajouter une heure de décalage horaire, nous arrivons à 12h à Gilimanok sur Bali, lieu de mes prochaines aventures.

Je suis exténuée, pas sûr que ça soit une bonne idée de faire le Bromo et l’Ijen en 2 jours. Il vaut mieux prévoir un jour de repos au milieu.

Pour plus de photos, c’est ici.