Et c’est parti pour 3 jours de bus qui doivent me mener à Darwin à 1500km au nord. En gros, je remonte la moitié du pays.

Au fur et à mesure, la végétation change, du désert rouge et aride, nous allons progressivement passer à une végétation luxuriante des tropiques.

Le départ d’Alice Springs est à 6h30 du matin, nous allons parcourir un peu plus de 600km aujourd’hui, en gros c’est beaucoup de bus et quelques arrêts. Le premier arrêt de la journée est près d’Alice Springs : le tropique du Capricorne, je ne sais même plus combien de fois je l’ai passé cette année, en tout cas une fois de plus…

Ensuite, nous voyons défiler les kilomètres, la route est longue, mais les arrêts dans les divers relais routiers de l’outback valent à eux seuls le détour. C’est d’abord l’aileron Hotel Roadhouse avec ses statues puis le Barrow Creek Hotel qui perpétue la tradition des tondeurs de moutons qui consiste à laisser un billet signé pour boire à son prochain passage. Maintenant ce sont les touristes qui laissent un souvenir, j’y ai vu un vieux billet de 20 francs, un drapeau breton… Le proprio est très fier de nous montrer tout le bric-à-brac qu’on lui a laissé. C’est aussi ici que nous pouvons voir une ancienne station de l’overland telegraph. Puis finalement, ce sera le Wycliff Well Roadhouse à la recherche d’ovni.

À midi, nous rejoignons un site de ma bucket list, les Devil’s Marbles ou Billes du Diable (Karlu Karlu). C’est un site sacré pour les aborigènes et dans leur culture, ce sont les oeufs du serpent arc-en-ciel.

Scientifiquement, ce serait dû à l’activité volcanique qui aurait créé un dôme de granit qui s’est érodé pendant des millions d’années. C’est assez fascinant de voir ses pierres, certaines fendues en deux.

Dans l’après-midi, nous avons essentiellement roulé, à l’exception d’un petit stop à Tennant Creek, la seule ville entre Alice Springs et Katherine qui sont distantes de 1200km. La ville dessert un territoire grand comme la moitié de la France.

Nous rejoignons finalement notre campement, une ferme d’élevage, vers 16h. Nous avons le temps de nous installer avant de grimper sur la colline pour le coucher du soleil.

Deuxième journée de remontée vers le top End, encore une fois 600km sont au programme. Et comme ça n’intéresse pas plus que ça les autres , j’ai la chance de passer la journée dans le siège de copilote. Il y a des choses fascinantes à voir sur les routes, les termitières qui deviennent de plus en plus grandes ou encore les Road Train, ces énormes camions qui tirent 3 remorques, j’en ai même vu un avec 4 remorques, ils peuvent mesurer jusqu’à 53,5m. Je ne m’en lasse pas.

Il y a des choses un peu moins fascinantes, comme les nombreux animaux morts sur le bord des routes, ce sont en majorité des kangourous, mais on peut parfois voir des vaches, les stations d’élevages sont tellement grande qu’il est impossible de placer des barrières tout le long de la route, par contre on trouve des « cow fences » au sol qui les empêche de passer dans un autre élevage.

Par contre, l’avantage de ses nombreux animaux morts c’est que c’est l’occasion d’observer de nombreux vautours qui mangent les carcasses au bord des routes.

Comme hier, la journée est rythmée par les arrêts dans les stations relais. Le premier, à Dunmarra, j’ai fait l’impasse, il y avait un vivarium. Pour le déjeuner, nous avons rejoint une institution, l’un des plus vieux pubs d’Australie, le Daily Waters Pub, il a une licence d’alcool remontant à 1893. Il est décoré avec des articles laissés par les clients, drapeaux, soutiens-gorges, billets, chaussures, cartes de visite…très connus, il est une halte obligatoire quand on passe à proximité. Enfin, le dernier roadhouse de la journée est le Panthers, décoré sur le thème de la Panthère rose.

En milieu d’après-midi, nous rejoignons Mataranka et le Elsey National Park dans lequel se trouvent des sources thermales entourées de palmiers et de végétations tropicales. C’est une bonne halte, mais l’eau à 32°C n’est pas très rafraîchissante, ça fait tout de même du bien de se baigner.

Le soir, nous campons à Katherine, le camping est plein de wallabies qui sont très curieux. Par contre, il faut faire attention, nous ne devons pas approcher le billabong, un trou d’eau qui reste à la saison sèche, car il peut y avoir des crocodiles. Nous sommes arrivés dans le territoire des crocodiles.

La troisième journée est un peu plus tranquille, il y a moins de kilomètres à faire, d’ailleurs nous n’allons pas beaucoup rouler le matin, puisque nous passons la matinée au Nitmiluk National Park pour 2h de kayak au milieu des Katherine Gorges. C’est paisible donc assez facile, par contre il n’est pas possible de se baigner, il y a des crocodiles. À l’aller, kayak de francophones avec Audrey, au retour mix franco-écossais avec James.

Après ces deux heures de kayak, nous partons vers une différente partie du parc pour profiter des bassins à Leliyn (Edith Falls), ici très peu de risque de crocodiles, nous pouvons donc nous baigner. L’eau est merveilleusement bonne et rafraîchissante cette fois, il y a une petite cascade à laquelle on peut accéder à la nage. Nous mangeons sur place.

L’après-midi, il ne nous reste plus qu’à rejoindre Darwin, en chemin petit arrêt à Adélaïde River ou dans le pub on peut voir le célèbre buffle Charlie de Crocodile Dundee.

Nous sommes au tout début de la Wet Season, Darwin nous accueille donc sous la pluie, mais ça ne nous empêche pas de sortir pour boire une bière avec notre guide/chauffeur qui nous emmène dans un pub où il y a des courses de crabes, assez original !!! La soirée ne sera pas très longue, le lendemain nous repartons pour explorer les environs de Darwin.

Pour plus de photos, c’est ici.